Quand les collégiens s’intéressent à l’histoire de la vallée…

" En quatre ateliers de 15 élèves, les jeunes ont préparé le questionnaire de préparation à la visite de Monsieur Flandin . La question des bouleversements apportés par le développement des stations ayant nourri la recherche de l'année, les élèves étaient curieux de connaitre la particularité des Chapelles, petite commune sans station que bon nombre d'entre eux ne connaissaient pas. Pour combler ce manque , la présentation de Monsieur Flandin a été accompagnée d'un montage diapos réalisées par un des professeurs. Trois ateliers de rédaction ont été organisés la semaine suivante et grâce à ce travail d'équipe, l'article a pu être rédigé en une heure seulement "

Le vendredi 5 avril 2013, les classes de quatrième A et E du collège Saint Exupéry recevaient  Monsieur Flandin, le maire de la commune des Chapelles. L’élu a été invité par les élèves dans le cadre de leur projet pluri disciplinaire sur le thème « De mon village à ma station ». Un questionnaire préparé par les deux classes a permis d’échanger avec Monsieur  le maire sur les caractéristiques de sa commune et l’impact qu’a eu sur elle la création de la station des Arcs.

Monsieur Flandin est maire des Chapelles depuis 2008, c’est son premier mandat. Il a souhaité devenir maire  pour mettre en œuvre un projet de développement de sa commune. Il a expliqué que la charge de maire n’était pas un métier, mais un engagement, une responsabilité. En effet, un maire a de nombreuses charges : il gère les habitants, les conflits entre eux, il faut fixer le budget, les règles d’urbanisme et le montant des impôts. Il faut donc être très disponible. La commune des Chapelles est ancienne, mais on n’en connait peu l’histoire car les archives ont brulé il y un siècle. On sait que le nom provient du nombre de chapelles qui ont été construites. La surface des Chapelle est de 1700 ha, exposés à la fois sur l’adret et l’ubac, avec un point culminant à 2900 m. Une particularité de la commune est que le territoire s’étend du côté du Beaufortin jusqu’à Roselend.

Le village avant la station

Nous disposons de peu de renseignements sur la démographie du village, les archives de la mairie ayant été détruites au cours d’un incendie. Cependant, nous savons avec certitude que le village comptait déjà des habitants au XVIIe siècle, la commune accueillant alors une population agricole en raison de son ensoleillement et de ses terrains peu abruptes, éléments favorables aux cultures. Le nombre d’habitants évolue peu jusqu’en 1902, où l’implantation d’une exploitation de mines de charbon engendre une forte augmentation de la population, augmentation qui atteint son apogée entre 1920 et 1940. La fermeture des mines en 1962 entraîne une véritable hémorragie de la population qui passe alors d’un millier à 180 habitants répartis sur les huit hameaux. Le village est ainsi déserté, beaucoup d’actifs s’exilant vers Paris pour devenir ramoneurs ou déménageurs. Cet exode rural entraîne un vieillissement de la population qui se compose alors essentiellement d’agriculteurs.
L’absence de commerce, à l’exception de l’épicerie et de la boulangerie, ou de forêt à exploiter implique pour la commune de fonctionner avec un budget restreint, les revenus provenant essentiellement des taxes prélevées aux habitants. La vie du village est alors rythmée par les travaux agricoles comme la traite des vaches et la fabrication du Beaufort ; l’Eglise avec les messes et fêtes religieuses qui sont des moments forts de la vie collective et l’école même si celle-ci ne compte plus que sept enfants en 1970 alors qu’en 1960, avant la fermeture des mines de charbon, cinquante-sept enfants étaient répartis sur trois écoles différentes.

Les évolutions liées à la construction des stations

La construction de la station des Arcs en 1968  permet ainsi de redynamiser Les Chapelles. Les effets de la station ne se sont cependant pas fait remarquer immédiatement mais cela a donné des possibilités de travail à des familles qui ont donc pu envisager de rester au village. Les hommes des Chapelles sont employés par la station dès le premier hiver 1968 au service des pistes comme perchmen ou comme pisteur. Les femmes travaillent au nettoyage des studios chaque weekend. On remarque qu’il y a peu de moniteurs de ski au début car la formation est déjà longue et coûteuse. L’entreprise familiale de l’épicerie Flandin se développe et la compagnie de cars et taxis va devenir une des plus florissantes de la vallée avec le développement du tourisme. Au cours des trente dernières années, la population de la commune a augmenté du fait de son exposition ensoleillée, du faible coût du mètre carré du terrain de construction et des nombreuses possibilités de rénovation de maisons anciennes et de sa proximité de Bourg-St-Maurice et des stations.
La commune compte aujourd’hui 630 habitants répartis en huit hameaux dont beaucoup se déplacent pour se rendre à leur travail. Cela pose le problème de la garde des enfants scolarisés. Un effort a été fait en ce sens pour assurer la prise en charge des enfants de 7h à 18h30 et donner envie à de jeunes couples de s’installer aux Chapelles. Trois familles seulement d’Anglo-Saxons se sont installées sur la commune qui ne présente pas l’attrait immédiat du ski. Les besoins de la commune sont importants en terme d’aménagement – eau, électricité, égouts, entretien des routes. Comme il n’y a pas d’entreprise, les seuls revenus de la commune sont les subventions de l’Etat et parfois de l’Europe. La vie associative est fortement encouragée par la municipalité qui apprécie le travail bénévole d’habitants des Chapelles : la salle polyvalente permet d’accueillir les activités du club d’escalade, les soirées théâtre et musique de « la Gira de Veugel » ainsi que les auditions de l’école de musique.
Monsieur Flandin pense que l’avenir des Chapelles se trouve dans le développement de sports de pleine nature : l’environnement étant aujourd’hui le plus bel atout de la commune.

Les élèves de 4° A et E. 2012-2013