Les Chapelles
du XIVe siècle à nos jours

Bien souvent, le relief et l'exposition des terrains déterminent la vocation de ceux-ci.

De l'utilisation de ces "richesses" naturelles découle l'économie d'une commune et les caractéristiques de sa population.

Il en est ainsi pour Les Chapelles et ses 7 "villages" égrenés entre 1000 et 1300 mètres d'altitude, à la base du Dôme de Vaugelaz, sur l'adret de Tarentaise.

En effet, du XIVème siècle au XXIème siècle, quatre périodes marquent l'histoire et l'évolution de cette commune aux ressources multiples.

 

- Première période

L'agriculture et les variantes du "Fruit Commun" aux Chapelles.

Des siècles durant, les montagnards se sont unis pour faire face aux difficultés du climat ou du relief, pour économiser de la main-d'œuvre ou pour mettre en valeur leur patrimoine. Chaque famille produisait son grain et, grâce aux coteaux ensoleillés, son vin de table. Mais pour les grands travaux, il faut s'entraider ! De cet état d'esprit est née la notion de "Fruit Commun".

Le Bief

Le canal des Chapelles prend sa source dans l'Ormente (commune de la Côte d'Aime) et s'étire à environ 1500 m d'altitude sur 7,5 km. Sûrement créé avant le XVème siècle, il permet d'irriguer les terres exposées plein sud et, au printemps, recueille l'eau de fonte.

Les alpages

La commune possède des alpages sur Treicol (sur le versant Beaufortain). Les génisses, veaux et brebis étaient regroupés sous l'égide d'un gérant ou adjudicataire.

Aidé de ses bergers, celui-ci conduisait le troupeau d'abord sur les alpages du Dôme de Vaugellaz, puis dans l'été, "tramait" par le col du Couvercle sur les alpages en amont de Treicol.

Les vaches laitières étaient menées dans des alpages plus riches qui appartenaient aux plus gros exploitants : ce sont les alpages de type privé. Les autres familles mettaient leurs vaches en pension dans une des "montagnes" privées ou bien en Fruit Commun sur d'autres communes, selon la place.

"La société du mouton"

C'était l'association de 6 familles qui, au cours des mois de juillet, août et septembre, tuaient chacune leur tour un mouton par semaine et se partageaient les 6 morceaux.

Les fruitières

Du fait de l'organisation en "montagnes" privées, la transformation du lait en fromage dans les fruitières n'est apparue qu'au début du XXème siècle. La première fruitière des Chapelles ouvre en 1920. Il y en a jusqu'à 5 pour 7 hameaux que compte la commune. La dernière a fermé après 1976.

 

- 2ème période

Le matin : la mine, l'après-midi : la faux.

Au début du XXème siècle, l'agriculture (l'élevage) reste l'activité principale des habitants des Chapelles. Mais après son installation, la Société de Mines de Charbon à Montgirod offre du travail supplémentaire : les Chapelains deviennent presque tous double-actifs.

Les mines attiraient sur la commune des habitants de Valezan et de la Côte d'Aime mais aussi des étrangers : Polonais, Tchécoslovaques et Italiens arrivés en 1920 et 1930. La population dépassait 400 habitants et, en 1952, 4 écoles fonctionnaient à Villarivon, Picolard, Montgirod et au chef-lieu. Sur le versant ensoleillé, en plus de l'élevage et de l'extraction de l'anthracite, les villageois tirent parti de leurs vergers puisqu'ils vendent les pommes à des négociants jusqu'en 1962 environ. C'est également en 1962 que la Mine de charbon ferme.

Les Chapelains doivent faire face à une tournante économique.

 

- 3ème période

L'attrait de l'or blanc

Au lendemain de la fermeture de la mine, la commune connaît un changement important ; les ouvriers étrangers partent sur d'autres chantiers, dans des usines proches de Moutiers ou d'autres mines.

En l'espace de 30 ans (1960 - 1990), la commune voit ses habitants quitter le Versant du Soleil pour celui de l'ombre, là où se construisent les grandes stations de ski. Hommes et femmes des Chapelles vont travailler d'abord à la Plagne, puis plus tard aux Arcs ; certains vont même loger dans ces villes d'altitude.

Ceux qui restent à la terre sont, en général, les anciens mineurs qui avaient fait leurs 15 ans à la mine et pouvaient toucher leur retraite proportionnelle. Certains de ses anciens mineurs, atteints par la silicose, sont décédés avant 60 ans.

Peu de jeunes reprendront l'exploitation des parents ; la majorité préfèrera se faire embaucher "en face" au service des pistes ou aux remontées mécaniques des stations.

Un autre phénomène qu'on retrouve dans beaucoup de villages de montagne, ce sont les célibataires (surtout les hommes).

Attrait de "l'or blanc", silicose, "célibatose", autant de causes qui influent sur la démographie de la commune !

La population passe de 425 habitants en 1960 à 259 en 1990. Des quatre écoles qui fonctionnaient au milieu du siècle, il n'en reste plus qu'une, celle du chef-lieu, qui en 1990 accueillait seulement 6 élèves !!

 

- 4ème période

Vers un tourisme doux

Depuis les années 90, la commune des Chapelles retrouve une sorte d'équilibre entre population et l'animation du versant.

Le nombre d'habitants augmente : 400 en 1997 et 482 en 2010. Et les activités se diversifient dans différents domaines :

- Entreprises artisanales.

- Activités de loisirs sportifs : ski de randonnée, raquettes à neige, circuit de découverte pédestre, randonnée pédestre, parapente, ski de fond, VTT, etc…

- Agro-tourisme, visite de ferme.

- Gîtes et Chambres d'hôtes.

- Exploitations agricoles (environ 6).

- Une église et des chapelles entretenues, l'Art Baroque mis en valeur.

(Texte non signé provenant d'un fascicule du Conseil Général de Savoie)

Et enfin :  l'école du chef-lieu accueille aujourd'hui 51 élèves, de la petite section maternelle au CM2, avec 3 super maîtresses et un super maître!!!