La mine de Montgirod

Le début de l'activité minière à Montgirod / Les Chapelles date de 1916-1917.

Des prisonniers allemands travaillaient aux recherches au chef-lieu ou à Nant-Jean (sous Montgirod) et une petite société locale exploitait "en surface" les couches de charbon qui affleuraient.

La production était faible : le charbon extrait était utilisé pour les besoins domestiques et c'est par voitures à cheval qu'il était envoyé vers Bourg-Saint-Maurice et ses environs.

Puis, entre 1920 et 1962, deux sociétés extérieures à la vallée se sont succédées pour exploiter et commercialiser le charbon des Chapelles.

Les conditions du mineur au quotidien dans les années 1950

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"Le travail commençait à 6 heures. Pour être à l'heure il fallait qu'on parte 10 minutes plus tôt de Parchet (parfois bien avant, l'hiver avec la neige...).

On passait prendre nos outils (hache, scie, pic, curette, bourroir, marteau-piqueur et marteau-perforateur) et les bâtons d'explosif ; et les "chantiers" (équipes) d'au moins deux ouvriers se dirigeaient vers les "travers-bancs" à la lueur de la lampe à carbure (dont chacun devait faire le plein chaque jour).

La première tâche consistait à déblayer le monceau de matériaux résultant du tir-de-mine de la veille ; le charbon était évacué dans les berlines et le rocher dans les wagonnets, sur les voies ferrées des galeries.

Vers 9 heures, nous faisions le casse-croûte, sur place, pendant une 1/2 heure.

Après avoir déblayé la galerie, on égalisait la paroie au "pic", puis, si le "travers-banc" était en charbon, il fallait poser un care de bois pour l'étayer. Ce bois venait de différentes régions de France (pin des Landes) et des scieries locales.

Suivait alors la préparation au minage

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- Perforer le rocher (jusqu'à 10 trous selon la dureté du rocher), cela faisait beaucoup de poussière, mais nous avions une conscience très relative du problème de la silicose...

- Ces trous d'au moins 3 cm de diamètre étaient percés au marteau-piqueur et au marteau-perforateur, tous deux à air comprimé (la curette servait à vider les trous de la poussière).

- Placer la dynamite, que nous avions commandée la veille, à l'aide du bourroir.

- Ensuite, il s'agissait de pincer le détonateur au bout du bâton d'explosif, théoriquement nous aurions dû avoir une pince à sertir... mais, bien que l'opération soit délicate, l'usage était plutôt de le faire avec les dents...

- Pour finir, il fallait choisir le premier trou à faire sauter, aller en remontant, allumer les mèches... et vite s'échapper avant l'explosion.

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La crainte de l'accident ?

Oui, bien sûr, on l'avait tous ; mais, au fil des jours, on avait une sorte d'accoutumance au danger.

La journée à la mine finissait à 13h45, on reposait nos outils et le quart d'heure restant était consacré à la douche.

A 14 heures, les ouvriers se mettaient en chemin vers leurs hameaux.

De retour à la maison, après un rapide repas, les travaux agricoles (aux champs ou à l'étable) nous attendaient et prolongeaient la journée jusqu'à parfois 22h aux beaux jours..."